L’Aveyron redécouvre Gustave Moreau
Cet été en Aveyron, on découvre ou redécouvre Gustave Moreau, le chef de file du symbolisme pictural !
En 1862, Gustave Moreau a 36 ans. Il est déjà connu, il n’est pas encore célèbre. Par l’intermédiaire de son ami Eugène Fromentin, le peintre symboliste reçoit la commande d’un Chemin de Croix destiné à l’église de Decazeville, un nom familier à l’oreille de tous les Aveyronnais. Le commanditaire s’appelle Elie Cabrol, fils cadet du Polytechnicien François Gracchus Cabrol, celui qui a créé avec le duc Decazes Cabrol, les Houillères et Fonderies de l’Aveyron. A l’époque, le village est une rue, l’activité sidérurgique va en faire une ville. Decazeville est l’un des grands centres industriels de la fin du XIXe siècle. Né à Rodez, Elie Cabrol est à la fois l’esthète et l’artiste de la famille. Voyageur, écrivain, collectionneur, il n’a de cesse que d’aider, soutenir toutes démarches marquées du sceau du talent (A sa mort en 1906, il lègue à la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron, les fonds et le soin de créer un prix destiné à soutenir un artiste ou un scientifique Rouergats. Si François Cabrol est à l’initiative de la construction de l’église, c’est son fils qui va lui conférer ce supplément d’âme qui manque à cette ville industrielle de 9000 habitants.
Un chemin de croix à Decazeville
L’œuvre comprend 14 tableaux, elle est réalisée en 20 jours par le peintre contre une somme très raisonnable et la promesse de pouvoir garder l’anonymat probablement pour ne pas être associé aux peintres du quartier Saint-Sulpice à Paris. La paternité réelle de l’œuvre est vite éventée. L’église et son illustre contenu est évoqué par Marcel Proust dans son roman inachevé Jean Santeuil : « [L’église Decazeville] renfermait d’ailleurs une suite d’admirables peintures de Gustave Moreau, une Descente de croix qu’il n’avait pas signée et que presque tout le monde ignorait et qui était là, car tous les chefs-d’œuvre d’un maître ne reposent pas au même endroit. Et l’église de Decazeville était le cimetière ignoré de celle-ci, qui dormait là de son sommeil séculaire aussi paisiblement que les morts dont le nom se lisait sur les dalles devant l’église. »
Authentifié, réintroduit au catalogue de Gustave Moreau, ce chemin de croix présente la particularité d’être l’une des seules œuvres du courant symboliste de nature religieuse. Classées Monuments Historiques depuis 1965, les toiles sont présentées dans le cadre d’une visite guidée et organisée par l’Office de Tourisme de Decazeville. Première visite, le 1er juin, il est conseillé de s’inscrire. L’occasion de découvrir un pan méconnu de l’histoire du Rouergue avant de rejoindre le village de Laguiole par le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle pour y découvrir, le couteau laguiole à tête de femme, comme une réminiscence du peintre aux sirènes…

Office tourisme de Decazeville, square Jean Ségalat. Tél. 05.65.43.18.36.



La course du viaduc est pour les habitants de Millau l’occasion de dévoiler leur sens unique de l’accueil. Plusieurs mois à l’avance, les hôtels, appartements et gîtes sont pris d’assaut. Faites le compte : 16.000 coureurs plus leurs familles durant 2 jours, dans une ville de 22.000 habitants… Malheur aux retardataires qui peuvent se retrouver jusqu’à 50 km de la ligne de départ !
On l’accusa de tout, à tort ou à raison, de vouloir mettre les français dans des clapiers, de construire l’invivable, d’avoir pour projet de détruire Paris (Plan Voisin en 1925), d’avoir cultivé des amitiés peu recommandables. Avant toute chose Le Corbusier fut un formidable homme-orchestre, architecte et maître d’œuvre à l’imagination foisonnante et à la pensée rigoureuse. Né en suisse, Charles-Édouard Jeanneret-Gris suit une formation d’horloger avant que sa mauvaise vue ne le pousse à se diriger vers la peinture. Il prend alors des cours de dessin à l’école Charles L’Eplattenier qui le dirige vers l’architecture. Toute sa vie, Le Corbusier conservera un lien avec l’Art et l’habitude de peindre et de dessiner. C’est d’ailleurs à l’occasion de la création de la revue « L’Esprit Nouveau » en 1920 avec le peintre Amédée Ozenfant qu’il prend le nom de l’un de ses ancêtres, Le Corbusier. Mais c’est comme architecte qu’il s’illustre. Début des années vingt, il a déjà construit (« Maison Blanche », « la villa Turque ») et dirige avec son cousin Pierre Jeanneret, architecte et designer, l’atelier qu’ils viennent de monter.

















